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Critique : "Chien" de Samuel Benchetrit

Critique : "Chien" de Samuel Benchetrit

Lassie, Rintintin, Benji, Cujo, Hooch, Beethoven, Gromit… Vincent Macaigne ! Trouvez l’intrus... La campagne promo annonce une sorte de succédané de Didier, dans lequel Alain Chabat incarnait un toutou métamorphosé en humain. On entre dans la salle avec cette appréhension de voir un énième « Vincent Macaigne-movie » (un genre à lui seul) réalisé par un cinéaste fatigué dont les trois derniers films furent des échecs. Samuel Benchetrit, qui adapte ici son roman, aurait-il lui aussi succombé à la cause de la « grosse » comédie populaire française, celle qui nous gâche le paysage cinématographique à grands coups de Tuches, de Ch’tis et de Profs ? Heureusement, il n’en est rien. Dès les premières séquences, très drôles, Benchetrit évoque davantage, par son humour noir et ses situations absurdes, les comédies surréalistes du duo Kervern / Delépine et les farces cruelles de la comédie italienne des années 60-70. Puis, sans prévenir, le film mute en un récit fantastique à la David Cronenberg, avec un homme se transformant lentement en une autre créature. Un étonnant virage vers l’horreur psychologique, doublé d’une allégorie subversive de la servilité du peuple à l’égard du pouvoir en place, des dictatures. Nous voilà aux antipodes de la gentille comédie familiale d’Alain Chabat !

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Critique : "Razzia" de Nabil Ayouch

Critique : "Razzia" de Nabil Ayouch

Razzia, le dernier long-métrage de Nabil Ayouch (Much Loved, Les Chevaux de Dieu), sort en salles. Jetant un regard sans concessions sur son pays, ce long-métrage marocain (co-produit avec la France et la Belgique) explore avec émotion et intelligence les espoirs, les contradictions et l’intolérance qui habitent le Casablanca d’aujourd’hui.

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Critique : "Bitter Flowers" d'Olivier Meys

Critique : "Bitter Flowers" d'Olivier Meys

Lina (Xi Qi) et Xiaodong (Le Geng) sont les parents d’un garçon de dix ans. En cette fin de XXe siècle, le Dong Bei, région industrielle originellement prospère de la Chine, paie un lourd tribut au passage du pays à l’économie de marché. La crise ruine plus d’un couple. Si Xiaodong, peu ambitieux, se contente de vivre dans une relative médiocrité, son épouse tient à réussir pour éponger leurs lourdes dettes et ouvrir un restaurant. Confiante, comme beaucoup d’autres femmes de la région, elle part tenter l’aventure de l’exil en France, dans l’espoir de trouver une place de nounou et de revenir rapidement avec des fonds. Xiaodong n’aime pas trop cette idée, mais soutient néanmoins sa décision. Mais l’aventure parisienne de Lina va très vite se muer en cauchemar.

 

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Critique : "Revenge" de Coralie Fargeat

Critique : "Revenge" de Coralie Fargeat

Le sous-genre du « rape and revenge », popularisé par quelques longs-métrages d’exploitation controversés comme La Dernière Maison sur la Gauche (de Wes Craven), Thriller : A Cruel Picture (de Bo Arne Vibenius), La Bête tue de Sang Froid (d’Aldo Lado) et I Spit On Your Grave (de Meir Zarchi) implique un positionnement moral douteux. Volontairement provocateur et politiquement incorrect, le genre a néanmoins fait les belles heures des salles d’exploitation et des vidéoclubs. Tous ces films proposent une variation sur la même histoire : ayant subi les pires assauts sexuels de la part d’hommes bestiaux et monstrueux, la victime, tel le phénix qui renaît de ses cendres, élimine un à un ses agresseurs, sa vengeance purificatrice étant « légitimée » par l’outrage subi. Le « rape and revenge » a accouché d’une poignée d’authentiques chefs-d’œuvre : La Source (Ingmar Bergman), Délivrance (John Boorman) et L’Ange de la Vengeance (Abel Ferrara) sont des œuvres remarquables qui abordent la thématique sous un angle sociologique faisant défaut à la kyrielle d’ersatz voyeuristes qui leur ont succédé. Au fil des ans, le genre, apanage des cinéastes masculins, a fini par tomber dans des travers aussi indéfendables que le « torture porn », étalant avec complaisance des actrices dénudées et une violence envers les femmes trop réaliste pour être honnête. Il était donc intéressant de voir ce qui allait se produire quand une femme passerait derrière la caméra pour nous livrer sa version de l’exercice.

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