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Anne Feuillère (Cinergie) - "Miss Montigny" de Miel Van Hoogenbemt

Ceux, qui au vu du titre et des paillettes de l'affiche de Miss Montigny, s'attendent à découvrir une nouvelle comédie "podiumesque", peuvent tout de suite aller se déshabiller : Miss Montigny est aussi différent de Claude François et de ses clones qu'un colibri peut l'être d'un poulet.

Et avant tout parce que cette Miss est interprétée par Sophie Quinton. Non pas qu'on n'admirerait pas Benoît Poelvoorde ou Jean-Paul Rouve (extraordinaire dans Bunker Paradise de Stefan Liberski, redisons le), mais Sophie Quinton excelle dans le registre inverse. Pas d'éclats chez elle, pas de mines travaillées, pas de gestes trop expressifs : discrète, puissante, fraîche. On avait pu déjà s'émerveiller de son rôle de petite fermière amoureuse d'un taureau dans le moyen métrage du français Gérald Hustache-Mathieu, Peau de vache, plus récemment aussi de son personnage de proie séduite et fascinée dans le film d'horreur-suspens-thriller (on ne sait toujours pas très bien) du français Gilles Marchand Qui a tué Bambi ?

Sophie Quinton Et si elle faisait une magnifique Bambi, elle fait ici une extraordinaire Miss Montigny. Sans rien d'apprêté, avec un jeu tout en finesse et retenue, elle irradie l'écran de sa simple présence, naturelle. Peu à peu, alors que la gravité et la tristesse commencent à creuser son regard, son opiniâtreté puis une mélancolique résignation se dit d'un froncement de sourcil ou d'une hésitation des épaules.

A ses côtés, Ariane Ascaride interprète un très beau personnage, une mère dont la féminité s'est peu à peu assoupie et qui rêve pour sa fille d'un avenir meilleur que son propre présent, de réussites et d'amour. Et qui l'aime, la pousse, la modèle. Elle passe ici d'un registre à l'autre, tantôt mère chaleureuse et tendre, tantôt femme douce et séduisante, tantôt mégère au bord de la folie ou femme à la dérive.

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