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Critique : "Fatwa" de Mahmoud Ben Mahmoud

Retour sous la Terreur

Fatwa

Après Le Professeur (2012), Mahmoud Ben Mahmoud s’intéresse à nouveau à la radicalisation religieuse en Tunisie, mais le fait cette fois par le biais du polar, dont il utilise habilement les codes. L’aspect thriller n’est qu’un prétexte pour dénoncer l’obscurantisme de certains groupes religieux et terroristes de son pays natal. Le réalisateur illustre la confrontation de deux pratiques opposées de l'islam et la tension extrême qui règne entre ces deux visions : celle des modérés (comme Brahim) qui incarnent un islam à visage humain et celle des salafistes, dont le violent discours de propagande est véhiculé dans les mosquées et sur le net. Le groupe auquel appartenait Marouane utilise la terreur, entre autres choses, pour faire fermer les musées, les cinémas, les discothèques, pour faire taire les journalistes et museler les femmes. Ils inculquent à la jeunesse que le djihad est un devoir, prônent la Sharia en dépit de la Constitution et prennent leur interprétation littérale et hautement fantaisiste du Coran comme prétexte à des assassinats politiques et autres actes haineux. À leurs yeux, tous les « infidèles » méritent la mort. Quand ils sont confrontés à leurs mensonges, à leurs contradictions, à leur hypocrisie, à la bêtise insondable de leurs discours, leur seule réponse, argument imparable, est « C’est ce qu’Allah a voulu pour moi. » Loin de tout manichéisme, le film s’avère très efficace lorsqu’il illustre les conséquences psychologiques qu’un tel régime de terreur peut avoir sur de jeunes esprits, notamment sur Latifa (émouvante Sarra Hannachi) l’épouse maltraitée d’un salafiste ou sur Marouane, garçon un peu paumé dont la cellule familiale a éclaté et qui devient un pion facilement sacrifiable.

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