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Critique : "Laissez bronzer les cadavres" de Cattet & Forzani

Après Amer et L'Etrange Couleur des Larmes de ton Corps, Cattet & Forzani reviennent à Locarno avec un film de flics et de voyous décapant, à haute tenue psychédélique, voire hallucinogène. 

La Méditerranée, l'été : une mer d'azur, un soleil de plomb... et 250 kilos d'or volés par Rhino et sa bande! Ils ont trouvé la planque idéale : un village abandonné, coupé de tout, investi par une artiste en manque d'inspiration. Hélas, quelques invités surprises et deux flics vont contrecarrer leur plan : ce lieu paradisiaque, autrefois théâtre d'orgies et de happenings sauvages, va se transformer en un véritable champ de bataille... impitoyable et hallucinatoire !

Hélène Cattet et Bruno Forzani se sont construit au fil des films une solide réputation internationale auprès des aficionados de films de genre. Amer, puis L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps rendaient un hommage appuyé, érudit et virtuose au genre du giallo, popularisé par Mario Bava et Dario Argento en Italie dans les années 70. Alors que les deux premiers films exploraient les psychés alambiquées de leurs protagonistes, Laissez bronzer les cadavres est plus frontal dans sa narration. C’est même on ne peut plus simple, en fait: une poignée de lingots d’or suscite la convoitise sans foi ni loi d’un aréopage d’artistes, hommes de loi et autres malfrats. Dans l’ombre, la police veille: pas question de laisser s’évaporer sous le soleil corse le conséquent butin. Saupoudrez le tout de quelques notes d’Ennio Morricone, d’un soleil assommant, de mystérieuses réminiscences orgiaques, ajoutez à l’ensemble quelques invités surprise (la femme, l’enfant, et la nounou), et secouez bien fort. Le film est une adaptation du roman éponyme de Jean-Patrick Manchette et Jean-Pierre Bastid publié dans la collection de la Série Noire en 1971.

Cattet et Forzani sortent de leurs sentiers battus, et s'offrent le luxe d'une course poursuite dans les règles de l'art, avec routes de montagne sinueuses et vieille fourgonnette. Ils s'amusent des codes, brouillent les genres, s'en offrent même de nouveaux à détourner, malaxer, malmener. Ils plongent gendarmes et voleurs dans un fort assiégé, un grand classique du grand écran, et moulinent le tout à la sauce giallo psychédélique, et témoignent d'une jouissance de sales gosses cinéphiles pour les gros pétards, le cuir qui crissent, les belles motos, et les conversations crypto-absurdes entre malfrats sous psychotropes.

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