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Focus sur Woody Allen

Penchons-nous un instant sur l'un des plus célèbres (mais aussi des plus prolifiques) réalisateurs de ces quarante dernières années : Allen Stewart Königsberg, plus connu sous le nom de Woody Allen.

Le réalisateur juif new-yorkais, qui vient de fêter ses 78 ans en décembre dernier, a réalisé 45 films en presqu’autant d’années de carrière, ce qui fait de lui un des réalisateurs les plus prolifiques du cinéma actuel.

Tout commence en 1965 quand Woody Allen décide de réécrire les dialogues d’un film d’espionnage japonais de manière burlesque “Lily la tigresse”, sera considéré comme son premier film. Cependant, il faudra attendre 1977 et la sortie de “Annie Hall”, pour que le succès critique soit pleinement au rendez-vous. Avec cette rencontre entre une chanteuse et un comique professionnel quadragénaire, il remporta 4 Oscars dont le plus convoité, celui du meilleur film.

En 1994, sort “Coup de feu sur Broadway” (Voir le film), reconstitution impressionante d’un New York des années 20, mettant en scène John Cusack dans le rôle d’un jeune auteur de théâtre passant un marché avec un gangster.  Suivra, l’année suivante, “Mighty Aphrodite” (Voir le film), une comédie ensoleillée et surprenante par sa construction racontant l’histoire d’un couple new-yorkais incarné par Woody Allen himself et Helena Boham Carter. Un jour, ils décident d’adopter un enfant. Quelques années plus tard, Lenny décide d’enquêter pour découvrir qui sont les vrais parents de Max.

En 1996, Woody Allen s’essaye à la comédie musicale avec “Tout le monde dit I love you” (Voir le film). Échec financier, ce film n’en reste pas moins une référence savoureuse aux grandes productions musicales sorties quelques décennies plus tôt.  

Son 28ème film “Harry dans tous ses états” (Voir le film) marque une rupture avec le reste de ses oeuvres. Harry est un écrivain en panne d’inspiration. Toute sa vie n’est que « nihilisme et cynisme, sarcasme et orgasme ». Au final, “Harry dans tous ses états” est une comédie grinçante avec une belle brochette d’acteurs: Robin Williams, Billy Crystal, Tobey Maguire, Jennifer Garner.

“Celebrity” (Voir le film), chronique noire dans laquelle la célébrité est abordée sous tous les angles sort en 1998.  A l’affiche, on y retrouve Leonardo Dicaprio, Chalize Theron, Winona Ryder ou encore Kenneth Branagh.

En 1999, Woody Allen offre à Sean Penn un de ces rôles les plus convaincants, celui d’un guitariste de jazz misogyne et égocentrique. “Accords et désaccords” (Voir le film) est une comédie fantaisiste bourrée d’humour.

Au début des années 2000, sort “Escrocs mais pas trop” (Voir le film), comédie burlesque racontant l’histoire de Ray Winkler, récemment sorti de prison qui organise  un casse. Vinrent ensuite “Le Sortilège du scorpion de Jade” (Voir le film), rendant hommage au cinéma des années 40 sur fond de jazz, “Hollywood ending” (Voir le film), un Woody Allen d’une intelligence réjouissante  qui n’est pas au contraire de ce que son titre indique, une critique féroce du monde d’Hollywood mais le récit de Val Walmax, un réalisateur de spots publicitaires et enfin, “Anything else, la vie et tout le reste” (Voir le film), comédie romantique, drôle, réussie et enlevée mais aussi triste et amère.

L’année 2005 marque le début de la collaboration entre Woody Allen et Scarlett Johansson pour le film “Match Point” (Voir le film). Il raconte l’histoire de Chris Wilton, partagé entre Chloé qui peut lui assurer un avenir tranquille dans la haute société londonienne et Nola (Scarlett Johansson), une jeune Américaine se rêvant comédienne. Woody Allen signe avec “Match Point”, un de ces meilleurs films des années 2000, chronique noire désenchantée aux antipodes de la comédie sentimentale.

“Scoop” (Voir le film) sorti un an plus tard, marque la deuxième collaboration entre le réalisateur et sa nouvelle muse. Comédie policière loufoque et kitsch dans laquelle Sondra Pransky, étudiante en journalisme se voit confier l’enquête consacrée au “Tueur au Tarot” de Londres, à l’origine celle de Joe Strombel, mort de façon inexplicable.

Avec “Cassandra’s Dream” (Voir le film), Woody Allen tourne pour la troisième fois à Londres. Le rêve de Cassandre est une brillante réflexion sur la liberté humaine avec Colin Farrell et Ewan McGregor en tête d’affiche. Il ne retournera dans la capitale britannique qu’en 2010 pour “Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu” (Voir le film), réjouissante comédie avec Antonio Banderas, Naomi Watts, Josh Brolin et Anthony Hopkins.

Entre temps, le réalisateur névrosé est passé par Barcelone pour y tourner “Vicky Christina Barcelona” (Voir le film), mettant en scène un triangle amoureux incarné à l’écran par Scarlett Johansson, Rebecca Hall et Javier Bardem rejoints plus tard par une fantastique Penelope Cruz dans une comédie romantique très accomplie.  

Il fit aussi un détour par sa ville natale en 2009, pour “Whatever works” (Voir le film), l’histoire d’un génie de physique qui a tout raté: son mariage, son prix Nobel et même son suicide. Il vit seul jusqu’au jour où une jeune fugueuse se retrouve devant sa porte…

Après un détour par Paris (“Midnight in Paris”) et Rome (“To Rome with love”, de retour ces prochaines semaines dans notre catalogue), Woody Allen quitte le continent européen pour San Francisco avec “Blue Jasmine” (Voir le film). Cette comédie dramatique raconte l’histoire de Jasmine, contrainte de s’installer chez sa soeur Ginger après que son mariage avec Hal, un riche homme d’affaires ait mal tourné. Elle n’a aucune qualification et se retrouve dans l’obligation de travailler après son divorce. Elle tente de surmonter la crise comme elle peut, à coup d’antidépresseurs. Avec ce film, Woody Allen offre à Cate Blanchett, grande favorite aux Oscars, un de ses plus beaux rôles, où elle incarne à merveille cette femme au foyer desespérée. Un film qui explore l’âme tourmentée des femmes modernes, que ce soit celle de Jasmine ou celle de sa soeur Ginger - personnage d’ailleurs brillamment interprété par la d’ordinaire pétillante Sally Hawkins, ici transformée en gentille paumée un poil trashy. Même si la dimension comique est moins présente, Allen signe avec cette tragicomédie un portrait brillant d’une femme brisée. A coup sûr, un de ces meilleurs films !

Woody Allen est un génie aux multiples facettes (musicien, humoriste, écrivain, acteur et surtout réalisateur) qui n’a pas fini de nous faire voyager, après New York, San Francisco, Londres, Rome, Barcelone et Paris, c’est dans le sud de la France que le réalisateur nous emmènera cette année avec “Magic in the Moonlight”, Colin Firth et Emma Stone font entre autres, partie du casting.

 

Anne-Catherine Simon