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Giulio Ricciarelli : "Certains sujets demandent de l'humilité"

Dans Le Labyrinthe du silence, son premier long-métrage, à voir en salles, Giulio Ricciarelli met en scène le parcours d'un jeune procureur idéaliste découvrant à la fin des années 50 la réalité de l'horreur nazie. L'instruction de ce qu'on appellera le procès d'Auschwitz, permit de mettre pour la première fois les bourreaux face à la justice allemande. Le réalisateur revient sur la mise en fiction d'une étape déterminante dans l'après-guerre en Allemagne.

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez découvert l’histoire du procès de Francfort ?

J’avais du mal à croire qu’autant d’Allemands, dans les années 1950, n’aient jamais entendu parler d’Auschwitz. J’étais persuadé que ce chapitre de l’histoire allemande avait été amplement étudié durant la période d’après-guerre. Mais en réalité, durant les années qui suivirent la fin de la guerre, ce sujet n’a quasiment pas été traité. Au contraire, la population tentait d’oublier cette sombre partie de l’histoire : ni les victimes, ni les criminels n’évoquaient ce sujet et la majorité des Allemands ne connaissaient pas Auschwitz. Ce chapitre aurait pu tomber dans l’oubli si quatre personnes courageuses – un procureur général et trois jeunes procureurs – n’avaient pas surmonté tous les obstacles pour faire éclater la vérité au procès de Francfort. Ces quatre héros ont changé l’Allemagne à jamais.

Comment caractériseriez-vous le personnage principal, le jeune procureur Johann Radmann ?

Johann est un homme de loi, plutôt sûr de lui, formaliste, humaniste et détenant des valeurs morales fortes. Son esprit rigide et manichéen est son talon d’Achille. Au début du film, il est certain de savoir ce qui est juste. Au cours des événements, il réalisera que ce n’est pas à lui de juger autrui et qu’il devra conduire ce procès avec humilité.

Dans votre film, vous vous intéressez également aux détracteurs de ce procès ?

Oui, c’était important pour nous. Évidemment nous souhaitions affronter notre passé à travers cette histoire mais la position opposée était aussi intéressante. Le chancelier fédéral allemand Konrad Adenauer avait mis en place une doctrine qui consistait à garder silencieux ce chapitre de l’histoire et c’est cette position officielle que Fritz Bauer et ses compagnons d’armes devaient faire tomber. C’est le sens de la question du Procureur Friedberg à Johann Radmann : «Voulez-vous que chaque jeune se demande si son père était un meurtrier ?»

 

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