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Interview de Guillaume Senez à propos de "Dans nos veines"

"Que serons nous capable d’apporter à notre enfant ? Qu’est-ce qui relève de l’inné ou de l’acquis chez lui ? S’ajoute à tout cela également la peur de reproduireles schémas familiaux. En tant que cinéaste, j’ai voulu reporter ces questions dans mon travail."

Qu’est-ce qui vous a amené à filmer la peur de la paternité chez un adolescent ?

Guillaume Senez : Je suis père depuis peu de temps. Les questions de l’héritage et de la transmission m’ont ainsi beaucoup hantées : Que serons nous capable d’apporter à notre enfant ? Qu’est-ce qui relève de l’inné ou de l’acquis chez lui ? S’ajoute à tout cela également la peur de reproduireles schémas familiaux. En tant que cinéaste, j’ai voulu reporter ces questions dans mon travail.

Pourtant, c’est un adolescent que vous avez choisi de filmer.

GS : Lionel vit encore chez ses parents. Mais il a des relations conflictuelles avec son père. Il ne sent donc pas reconnu en tant que fils et se retrouve déjà face à la paternité. J’avais envie de rapprocher ces deux états qu’un homme peut connaître dans sa vie, celui de fils et celui de père.

La famille de Lionel semble correspondre à une famille idéale aux premiers abords.

GS : Nous avons vraiment essayé d’éviter de tomber dans des clichés. La maison est accueillante et les parents, plutôt attentifs. Mais la vérité se dessine dans la subtilité. Chaque personnage se révèle petit à petit et laisse transparaître des aspects parfois moins reluisants et parfois plus attachants.

La violence est présente dans tout le film, mais elle n’est jamais clairement montrée.

GS : Une fois que le fond de l’histoire a été décidé, nous avons réfléchi à la forme que nous voulions donner au film. Je voulais que le spectateur puisse suivre Lionel, comme s’il y avait toujours une caméra derrière lui. J’ai demandé aux acteurs de jouer alors comme si la caméra était une personne présente dans la scène. Ce processus a sans doute amené une forme de pudeur et la violence transparait plutôt en filagramme.

Interview du réalisateur - Extrait du dossier de presse