Navigateur non compatible. Veuillez utiliser un navigateur récent

Palmarès de la 8ème Cérémonie des Magritte du Cinéma

La 8ème édition des Magritte du Cinéma s'est déroulée ce samedi 3 février. Alors que « Noces » et « Chez nous » figuraient parmi les favoris, c’est finalement « Insyriated » de Philippe Van Leeuw qui a créé la surprise en triomphant avec six récompenses ! Voici le palmarès...

 

Insyriated

« Insyriated » de Philippe Van Leeuw a triomphé ce samedi 3 février lors de la 8ème édition des Magritte du Cinéma puisqu’il a remporté pas moins de six Magritte dans les catégories suivantes : « Meilleur film », « Meilleure réalisation », « Meilleur scénario original ou adaptation », « Meilleure image », « Meilleur son » et « Meilleure musique originale ». Ce huis-clos raconte le quotidien d’une famille syrienne ordinaire qui doit rester cloîtrée dans un appartement où les sons hors-champs viennent sans cesse rappeler la guerre qui fait rage. À travers ce film, Philippe Van Leeuw réussit à raconter autrement cette réalité évoquée fréquemment dans les médias. Un véritable coup de maître qui fait honneur au cinéma belge !

Le Magritte du « Meilleur premier film » a été attribué à « Faut pas lui dire » de Solange Cicurel. Cette comédie sympathique et drôle réunit un casting féminin de choc composé de Jenifer Bartoli, Camille Chamoux, Tania Garbarski et Stéphanie Crayencour.

Du côté flamand, c’est le film « Home » de la réalisatrice Fien Troch qui a reçu le Magritte du « Meilleur film flamand ». L’adolescence y est abordée avec sincérité et justesse. Le film a été comparé à plusieurs reprises au cinéma de Larry Clark pour son réalisme cru et à celui de Sofia Coppola pour sa sensibilité.

Le film cannibale « Grave » de Julia Ducournau a remporté pour sa part deux Magritte, « Meilleur film étranger en coproduction » et « Meilleurs décors » (Laurie Colson). Qualifié de gore, dérangeant ou encore de sulfureux, « Grave » met en scène l’émancipation et la quête d’identité en déjouant les attentes du spectateur et en le surprenant à chaque scène.

« Chez Nous » de Lucas Belvaux repart avec le Magritte de la « Meilleure actrice » attribué à Émilie Dequenne qui interprète une jeune mère célibataire qui rejoint un parti populiste, inspiré du Front national. Le film décrit les étapes de l’ascension fulgurante de cette jeune femme au sein du parti qui passe rapidement du doute à la fascination face aux discours du parti, avant de basculer dans la colère. Lucas Belvaux parvient à démontrer avec efficacité la dangerosité des propos tenus par ce genre de parti.

Du côté des hommes, c’est l’acteur Peter Van Den Begin qui s’est vu décerné le Magritte du « Meilleur acteur » pour son rôle dans « King of the Belgians » de Peter Brosens et Jessica Woodworth. Le film raconte l’histoire du roi des Belges en visite d’État à Istanbul alors que la Wallonie déclare son indépendance. Réalisé comme un faux-documentaire et usant de la farce, « King of the Belgians » évoque l’avenir incertain de la Belgique et propose une réflexion sur le bonheur individuel.

Grand favori des nominations, « Noces » de Stephan Streker repart avec seulement deux récompenses, le Magritte de la « Meilleure actrice dans un second rôle » et celui des « Meilleurs costumes ». Le film aborde la thématique du mariage forcé et raconte la lutte d’une jeune femme d’origine pakistanaise qui tente d’échapper à son destin. La grande force du film réside dans sa capacité à n’émettre aucun jugement sur ses personnages.

Noces

« Le Fidèle » de Michaël R. Roskam a remporté le Magritte du « Meilleur acteur dans un second rôle » pour Jean-Benoît Ugeux. Ce thriller, teinté de romantisme, brille par son duo d’acteurs, Adèle Exarchopoulos et Matthias Schoenaerts, et raconte l’histoire d’amour entre Bibi, femme pilote de compétition automobile, et Gigi, à la tête d’un gang de braqueurs. Cachant sa double vie à Bibi, Gigi va très vite être rattrapé par la réalité.

La jeune Maya Dory repart avec le Magritte du « Meilleur espoir féminin » pour son interprétation dans « Mon Ange » du réalisateur Harry Cleven. Co-écrit par Thomas Gunzig, « Mon Ange » est un conte bienveillant qui développe un univers onirique et fantastique.

Le Magritte du « Meilleur espoir masculin » est quant à lui attribué à Soufiane Chilah pour son rôle dans « Dode Hoek » de Nabil Ben Yadir. Il y interprète Dries, le bras droit de Jan Verbeck, incarné par Peter Van den Begin, un commissaire de la brigade des stups à Anvers qui s’apprête à rejoindre les rangs d’un parti d’extrême droite. Tout en étant un moment de divertissement, le film propose aussi une réflexion sur les discours populistes et de haine. Un sujet qui rejoint le film « Chez Nous » de Lucas Belvaux. 

« Paris pieds nus » a reçu le Magritte du « Meilleur montage » (Sandrine Deegen). Dominique Abel et Fiona Gordon signent un film tendre doté d’un humour décalé et poétique.

« Le lion et le singe » de Benoît Féroumont a été récompensé par le Magritte du « Meilleur court métrage d’animation », tandis que celui du « Meilleur court métrage de fiction » a été attribué à « Avec Thelma » de Raphaël Balboni et Ann Sirot.

C’est « Burning out » de Jérôme le Maire qui a reçu le Magritte du « Meilleur documentaire ». Pendant deux ans, le réalisateur a suivi les membres de l’unité chirurgicale d’un des plus grands hôpitaux de Paris. Il se focalise sur les employés et les montre comme des victimes de l’obligation et de la rentabilité des hôpitaux. Le burn-out est ici la conséquence d’une société qui ne pense plus qu’à l’argent et non à l’humain.

Cette année, le Magritte d’honneur a été attribué par Hugues Dayez à la comédienne et réalisatrice française Sandrine Bonnaire. Découverte à 15 ans dans le film de Maurice Pialat, « À nos amours », pour lequel elle avait reçu un César du Meilleur espoir, elle a joué pour les plus grands tels que Jacques Rivette, Claude Chabrol, Raymond Depardon, ou encore Agnès Varda. Durant les années 2000, elle se lance dans la réalisation avec un documentaire intitulé « Elle s’appelle Sabine ». Deuxième femme à recevoir ce prix, après Nathalie Baye, elle succède notamment à André Dussolier, Vincent Lindon, Pierre Richard, Emir Kusturica, Costa-Gavras et André Delvaux.