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Sarah Pialeprat (Cinergie) - Critique : "L'Année Prochaine"

A fleur de peau. [...] Un teen-movie sensuel qui met en scène deux jeunes femmes à un tournant de leur vie. 

Année prochaine

Elles sont belles, elles vont avoir dix huit-ans et leur bac, elles sont amies depuis toujours sans doute… Elles sont à l'âge des sentiments fusionnels que l’on ne traversera plus avec autant de puissance, un attachement fort entre amour et amitié où il est inenvisageable de s’imaginer respirer sans l’air de l'autre.

Clotilde (Constance Rousseau), la jolie blonde butée et sur la réserve et Aude (Jenna Thiam), la grande rousse délicieusement délurée vivent dans une petite ville de province bien trop étroite pour accueillir leurs rêves. Une chose est sûre, elles n’auront pas la vie de leurs parents... pas question d'être aussi "connes" pour finir "femmes au foyer" comme la mère d'Aude (magnifique et désespérée Anne Coesens) et puis quoi, "chacun sa merde".

Alors, plus loin, dans leur imaginaire fertile de femme en devenir, scintille la capitale française et les grandes écoles, les mots doux de "Sorbonne" et "Beaux-arts" qui font planer. Leur "chance", c'est d'avoir à disposition un appartement à Paris que Clotilde a hérité de sa mère. A l’initiative de Clotilde qui a tout pris en main sans trop se soucier de ce que pense son amie, un rêve de vie et une vie de rêve peuvent commencer. Clotilde s'inscrit en 1ère année de philo, Aude, elle, en prépa pour les Beaux-Arts... et elles vont faire de grandes choses, c'est sûr. Mais c'est sans compter sur la réalité.

A mesure que le film progresse et s’assombrit, glissant des rêves et des espoirs au réel et son lot de désillusions, il ne reste plus qu’une  impression de faillite intime, un goût de cendres ou plutôt de gueule de bois. Sur les rythmes sensuels d’une bande originale signée Manuel Rolland, Vania Leturcq réinterprète les passages obligés des films d’ados, dont elle assemble les figures de style. Tout ce que l’on attend est bien là avec un vrai talent de mise en scène et des comédiennes qui décoiffent, les scènes de boîtes de nuits comme défouloirs, les longs plans sur les toits de Paris, les rêves brisés, en un mot, tout est là mais à la manière d’un livre d’images élégant et voluptueux. Car ce que Vania Leturcq filme le mieux, ce sont ces deux jeunes filles et tout ce qui les lie dans le dire, le geste et les silences, ce sont leurs peaux qui palpitent de vie, les regards qui s’échangent et s’évitent et comment, dans ce cas, tout ce qui est extérieur à leur lien pourrait-il ne pas sembler frêle ? Comment capter, sans faiblir, cette belle intensité tout au long d’un métrage ? Fragile donc comme ses héroïnes, le film met en place malgré tout une réelle profondeur. [...]

 

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